
Une nouvelle vague de violences a secoué les localités de Kenscoff et Thomassin ce mardi, forçant de nombreux habitants à fuir leurs domiciles. Des riverains rapportent des dégâts matériels importants, bien que le bilan exact des affrontements reste incertain.
Fuyant les affrontements, plusieurs dizaines de personnes ont trouvé refuge sur la place Saint-Pierre, à Pétion-Ville, où elles ont dénoncé l’inaction des autorités face à la montée en puissance des groupes armés. « On ne peut plus vivre chez nous, on est livrés à nous-mêmes ! » s’indigne un déplacé, critiquant la lenteur des interventions sécuritaires.
Alors que la capitale et ses environs sont pris en étau par l’insécurité, le gouvernement haïtien affirme vouloir intensifier la lutte contre les gangs. Selon le projet de budget rectificatif 2024-2025, actuellement en discussion au Conseil des ministres, une enveloppe de 31 milliards de gourdes sera consacrée au renforcement des forces de l’ordre.
Dans ce plan, plus de 7 milliards de gourdes seront alloués à l’acquisition d’équipements stratégiques pour la Police nationale d’Haïti (PNH), tandis que 4,4 milliards de gourdes serviront à la modernisation et au déploiement des Forces armées d’Haïti.
Cependant, face à l’urgence, des citoyens appellent à une mobilisation collective pour contrer l’avancée des gangs. « Nous devons nous organiser, car l’État nous abandonne », martèle un manifestant à Pétion-Ville.
Malgré les annonces budgétaires du gouvernement, l’inquiétude demeure : ces investissements suffiront-ils à restaurer la paix dans un pays en proie à une insécurité croissante où les 27,750 km2 risquent d’être des territoires perdus ?
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