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Poursuite de la grève à Codevi

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La paralysie des activités au Parc de Codevi se poursuit en dépit des annonces du gouvernement haïtien.

Le ministre du commerce et de l’industrie, M. James Monazard, considère que le problème avait été résolu et qu’un accord avait été trouvé entre les parties. Il avait notamment expliqué que le gouvernement s’est engagé à ne plus percevoir les taxes sur les ouvriers. 

Il s’agissait de la principale revendication des ouvriers arguant de la précarité de leur salaire.  

Les ministères de l’intérieur et des collectivités territoriales, des affaires sociales et du travail et du commerce et de l’industrie avaient de manière célère eu des séances de travail avec la direction de l’entreprise et les syndicats des ouvriers autour du dossier. Le gouvernement a voulu résoudre le problème rapidement afin de protéger les 18 000 emplois dans cette zone franche. Ce secteur, déjà sous forte pression en raison des incertitudes sur le renouvellement des lois Hope et Help, bénéficie d’une attention particulière du gouvernement. 

Le parc Codevi représente plus de trois quart des emplois encore disponibles dans le secteur en Haïti. Pour le ministre Monazard la résolution rapide du problème peut servir de message positif aux éventuels futurs investisseurs étrangers.

Les ouvriers réclament des garanties 

Toutefois les ouvriers refusent de reprendre le travail indiquant être dans l’attente d’une décision formelle et légale de l’exécutif.

 Le leader syndical, M. Fignolé Saint Cyr, croit que c’est la méfiance envers les autorités gouvernementales qui justifie la décision des ouvriers.

Il insiste sur la nécessité de trouver une solution gagnant – gagnant pour les parties.

Le leader syndical ne comprend pas le retard dans la conclusion d’un accord. Il soupçonne des dirigeants politiques de Ouanaminthe, d’oeuvrer à envenimer la situation. À son avis il s’agit d’une attitude malsaine mettant en garde contre les conséquences dramatiques, pour les ouvriers et leur proches, de nouvelles pertes d’emplois.

De plus les ouvriers exigent la publication de la loi ajustant le salaire minimum. Les dirigeants du secteur syndical assimilent la lenteur des autorités dans ce dossier comme un refus d’ajuster les salaires par rapport à l’inflation.

Discussions autour du salaire minimum

Les techniciens des divers ministères concernés planchent depuis plusieurs jours sur le rapport du conseil supérieur des salaires (CSS), revoyant à la hausse le salaire minimum, afin de déterminer les implications sur le plan macroéconomie.

Le ministre Monazard rappelle que l’État doit trouver l’équilibre entre un salaire décent et l’attractivité du pays pour les entrepreneurs.

l’État doit s’assurer que le salaire minimum puisse permettre aux ouvriers d’acquérir les biens et services nécessaires, dit il tout en tenant compte de la nécessité de garantir la pérennité des emplois disponibles.

Au cours des 4 dernières années la crise sécuritaire a fait perdre des milliers d’emplois au secteur du textile.

 Le ministre Monazard signale que le secteur de la sous-traitance représente plus de 90% des exportations du pays.

Le gouvernement et les leaders du secteur privé s’évertuent à poursuivre les efforts en vue de convaincre les autorités américaines de la nécessité de renouveler les lois Hope et Help.

LLM / radio Métropole Haiti

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Un économiste s’attend à un taux de croissance négatif

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Le docteur en économie, M. Thomas Lalime prédit une huitième année de croissance négative pour le pays. Tenant compte des prévisions de taux de croissance de 0.3% du gouvernement, dans le budget 2025-2026, M. Lalime fait remarquer que les scénarios optimistes de la direction générale du budget ne sont concrétisées.

 Il considère qu’en réalité il y a toujours un écart important entre les prévisions et la réalité. À cet effet il s’attend à ce que le taux de croissance suive la même tendance des 7 années précédentes.

Depuis 2017 le taux de croissance est négatif, rappelle t-il expliquant qu’il s’agit concrètement de moins de richesses créées par rapport à l’année écoulée. Pendant ce temps les besoins, en hausse avec la croissance démographique, pourraient s’aggraver avec la déportation de plusieurs milliers de migrants par divers pays.

C’est la première fois que l’économie haïtienne est confrontée à une si longue période de croissance négative. La précédente était la conséquence du coup d’État et de l’embargo de 1990. Ce n’est qu’en 2008 que le pays avait pu revenir au taux de croissance d’avant le coup d’État.

En ce qui a trait à la situation actuelle, le docteur Lalime prévient qu’il faudra dix ans de croissance positive pour revenir au niveau de 2017.

Les pertes provoquées par les gangs sont énormes

De l’avis de M. Lalime les destructions causées par les gangs sur l’ensemble du territoire sont pires que celles du séisme du 12 janvier 2010. La cruauté est d’autant plus gratuite que les criminels ont pillé et incendié les résidences et les infrastructures se trouvant dans leur environnement immédiat. C’est du jamais vu, dit-il s’interrogeant sur un agenda caché, exécuté par les terroristes.

L’économiste préconise la mise en place de programmes spécifiques pour recapitaliser les familles et les entreprises.

La mobilisation de ressources pour la recapitalisation des familles et entreprises doit s’inscrire dans le cadre d’un effort pour sortir du cycle infernal de la croissance négative.

Le docteur Lalime note que les divers programmes d’assistance réalisés par le gouvernement successifs n’ont pas réellement permis de créer la richesse. À son avis la corruption peut être l’un des facteurs de l’échec. Des fonds sont détournés et ne sont pas réellement acheminés aux membres de couches défavorisés.

Une enveloppe budgétaire en hausse

Le budget de 345 milliards de gourdes est en hausse de 6.8% par rapport au précédent. Au cours de l’exercice fiscal précédent les autorités gouvernementales avaient dû adopter deux autres budgets rectificatifs. Il s’agisstauxde prendre en compte de nouveaux paramètres pendant l’exécution du budget.

En outre les autorités fiscales anticipent une inflation à 23.4%. Actuellement l’inflation est supérieure à 30%. La pression fiscale sera en baisse, soit 4.3% et le gouvernement n’envisage pas de financement monétaire. Plusieurs économistes voient cet aspect comme positif parce qu’il est étroitement lié à d’autres paramètres tel une dépréciation du taux de change de la gourde par rapport au dollar américain.

Les grandes priorités du budget n’ont guère évolué par rapport au budget 2024-2025.

Le rétablissement de la sécurité publique et nationale est considéré comme un facteur de production par les autorités fiscales. En outre l’organisation des élections et le rétablissement de la légitimité démocratique, le relèvement économique, la restauration de l’État de droit et la sécurité alimentaire figurent parmi les principales priorités du budget.

LLM / radio Métropole Haiti

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La création massive d’emplois, une des priorités du gouvernement 

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Le gouvernement haïtien joue pieds et mains afin d’attirer des investisseurs étrangers dans les régions épargnées par la violence des gangs. La hausse des investissements directs étrangers est considérée comme indispensable dans la perspective de création massive d’emplois.

Dans cet optique le gouvernement s’active sur plusieurs chantiers, confirme le ministre du commerce et de l’industrie, M. James Monazard.

Des équipes de techniciens de divers ministères ont été constituées pour adresser différents dossiers tels le renouvellement des lois Hope et Help, la réouverture du Parc Codevi et le salaire minimum.

Le ministre Monazard est en première ligne des négociations en vue d’un renouvellement de Hope Help. Même si des données ne sont pas disponibles sur les pertes d’emplois éventuelles, le ministre prévient que les conséquences seraient catastrophiques s. M. Monazard a été impliqué personnellement dans une quinzaine de mission de lobbying auprès du Congrès et de l’administration américaines. Un arrêt de Hope peut influencer négativement la lutte contre la violence, argue t-il insistant sur la nécessité d’offrir des opportunités économiques aux jeunes des couches vulnérables. Les négociations avec les autorités américaines sont réalisées quasi quotidiennement, explique t-il se réjouissant de l’implication de l’ambassadeur d’Haïti à Washington dans les discussions.

Le gouvernement et les leaders du secteur privé restent optimistes et s’attendent à un renouvellement de la loi Hope Help lorsqu’un accord sera trouvé sur le budget des États Unis.

Plusieurs entrepreneurs étrangers ont déjà signifié au gouvernement haïtien qu’ils ne pourront continuer leurs activités si les lois Hope et Help ne sont pas renouvelées.

Les marchés alternatifs à Hope Help

Le gouvernement haïtien étudie d’autres alternatives en cas de non renouvellement de Hope Help. Une des options envisagées consiste à accueillir des investisseurs chinois et indiens. Ces entreprises, fortement pénalisées par la hausse des barrières tarifaires américaines, ont récemment noué des contacts avec les autorités haïtiennes. Les tarifs d’Haïti sont relativement bas et permettraient aux entrepreneurs de réaliser des bénéfices en délocalisant leurs entreprises dans la caraïbe.

En outre le gouvernent Haïtien s’évertue à trouver d’autres marchés en Europe et dans la Caricom.

Dans le même temps des projets seront mis en œuvre en vue d’identifier de nouvelles opportunités locales pour les ouvriers des entreprises. Il s’agirait notamment de mettre en place des ateliers en vue de la confection d’uniformes pour les écoles ou les forces de police.  

Le secteur textile est important pour l’économie

Le ministre du commerce met l’accent sur l’importance du secteur textile pour l’économie nationale. 

La démarche des autorités vise à sauver plus de 21 000 emplois dont 18 000 à Codevi. 

Le parc de Caracol, qui comptait 18 000 emplois, est réduit à 3 000 ouvriers cette année à cause de l’impossibilité de s’approvisionner en intrants.

Le poids du secteur de la sous traitance avoisine 90 % des exportations. 

À son apogée, lorsque le secteur comptait 62 000 emplois, l’enveloppe globale était supérieure à 2 milliards de dollars américains. 

Le gouvernement haïtien a récemment accordé des exemptions d’impôts aux ouvriers de la Codevi dans le cadre d’une solution à un conflit.

Le ministre explique que gouvernement œuvre en vue de la réouverture du parc Codevi afin de projeter une image positive pouvant attirer des investisseurs étrangers.

Il donne l’assurance qu’un accord a été trouvé entre les acteurs et facilitera la reprise des activités dans cette zone franche.

LLM / radio Métropole Haiti

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Rentrée judiciaire 2025-2026 sur fonds de crise et d’incertitudes

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C’est le président de la Cour de cassation et du CSPJ, Jean-Joseph Lebrun, qui a lancé la reprise des travaux judiciaires lors d’une cérémonie tenue dans les locaux de la Cour de cassation au Champ de Mars. Pour l’occasion, cette salle exiguë a accueilli des membres du CPT, du gouvernement, du milieu diplomatique et d’acteurs de la chaîne pénale.

D’entrée de jeu, il était question pour le président de la cour de faire le bilan du dernier exercice avant de déclarer ouvert les travaux judiciaires.  Marquée par l’insécurité, l’année a été pour le moins réussi au vu du nombre de travaux réalisés dans les différents cours et tribunaux.

Avec plus de 1000 décisions rendues, le tribunal de première instance de Port-au-Prince a été parmi les plus actifs. Me Jean Joseph Lebrun souligne toutefois que le renforcement du fonctionnement des juridictions notamment en exigeant des rapports réguliers et des performances accrues figure parmi les priorités de cette nouvelle année judiciaire.

Mais pour cette nouvelle année judiciaire qui arrivera à terme en juillet, les objectifs et priorités fixés sont ajustés non seulement dans le but d’améliorer le rendement de l’appareil judiciaire mais aussi pour palier la situation sécuritaire fragile affectant tous les domaines d’activités dans le pays, souligne Me Jean Joseph Lebrun.

Alors que la majorité des intervenants a mis en avant dans leur discours le fait que la justice a résisté en dépit de la situation difficile du pays, le discours du bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, n’a pas suivi le courant.

Entre friction existant entre les acteurs de l’appareil judiciaire, l’absence de justice pour les justiciables et manque de rigueur constaté dans le respect des normes déontologiques, Me Patrick Pierre-Louis a dressé un tableau sombre du mode de fonctionnement de la justice du pays.

Cette nouvelle année judiciaire débute sur fond de crise et d’incertitudes susceptibles à avoir des conséquences sur son déroulement. Des associations de magistrats ont d’ailleurs lancé un cri d’alarme face à ce qu’elles considèrent comme une situation préoccupante, l’état actuel du système judicaire haïtien.

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Des juges alertent sur le déclin du système judiciaire

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À l’occasion de la rentrée judiciaire des juges tirent la sonnette d’alarme en ce qui a trait à la détérioration des composantes du système judiciaire haïtien. Le système est affaibli par des crises de toutes espèces. Le tribunal de Première instance de Port-au-Prince, la plus importante des 18 juridictions, fait partie des tribunaux vandalisés et pillés et ne disposant pas de locaux.

La justice, en tant que service public, est essentielle dans une démocratie parce qu’elle a pour mission entre autre de sanctionner les infractions et trancher dans des conflits entre particuliers. M. Martel Jean Claude, président de l’association des professionnels magistrats (APM) déplore le quasi dysfonctionnement de l’appareil judiciaire dans plusieurs régions du pays. C’est l’extension des gangs qui est le principal obstacle à la distribution de la justice. Au cours de la précédente année judiciaire les gangs sont parvenus à étendre les territoires sous leur contrôle. Des locaux de tribunaux et de Cours sont sous le contrôle des terroristes ce qui paralyse le fonctionnement de ces instances.

Dans les autres régions c’est la peur qui provoque un ralentissement des activités. Les juges mais aussi les avocats, les huissiers et greffiers redoutent des attaques des criminels.

Des actions urgentes du gouvernement sont indispensables Le juge Jean Claude presse les plus hautes autorités étatiques, notamment le gouvernement et le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), à adopter des mesures urgentes pour garantir la sécurité des infrastructures d’une part et des membres de l’appareil judiciaire d’autre part.

À l’instar de certains organismes publics plusieurs tribunaux ne disposent plus d’espace pour rendre la justice.

Rappelant que l’accès à la justice constitue un droit fondamental, le juge exhorte les autorités à oeuvrer pour que l’année judiciaire 2025-2026 soit lancée sur de nouvelles bases.Il est évident que le système judiciaire ne peut s’acquitter convenablement de sa mission régalienne.

Allocation de plus de ressources budgétaires

Outre l’aspect sécuritaire, le juge Jean Claude alerte sur l’insuffisance des ressources financières allouées au fonctionnement de l’appareil judiciaire. Il insiste sur la nécessité de revoir à la hausse les ressources allouées dans le budget de la République. Les fonds oscillent autour de 1% du budget, regrette t-il plaidant pour des ressources autour de 4 %.

Outre la réparation des infrastructures, le magistrat plaide pour une hausse des salaires des magistrats. Ceci est indispensable pour une amélioration des conditions de vie des juges, appelés à trancher des différends entre les citoyens. De nombreux spécialistes considèrent les grèves à répétion comme étant des obstacles au bon fonctionnement du système judiciaire. Le juge Jean Claude rétorque que ces mouvements de protestation sont les conséquences des mauvaises conditions de travail. Toutefois il signale que les associations de juges n’avaient pas eu recours à la grève au cours de l’année judiciaire écoulée. Il s’agit d’un choix, les syndicats privilégient le dialogue avec les autorités gouvernementales dans la recherche de solution.

Dans ce décor sombre, le président de l’ APM attire l’attention sur une note positive, la détermination de plusieurs magistrats qui ont continué à distribuer la justice avec honneur et dignité. Il encourage ses collègues à poursuivre sur cette voie en vue de redorer le blason de la justice haïtienne.

LLM / radio Métropole Haïti

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Le Premier ministre Fils-Aimé rend hommage aux policiers tombés et assure le soutien continu de l’État à leurs proches

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Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rendu hommage samedi aux policiers morts dans l’exercice de leurs fonctions, lors d’une rencontre organisée au siège de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH).

Devant les familles des défunts, le chef du gouvernement a salué « le sens du devoir et le courage exemplaire » de ceux qui ont perdu la vie en protégeant leurs concitoyens. Il a rappelé que « la Nation demeurera redevable envers ces femmes et ces hommes qui ont choisi de servir jusqu’au sacrifice suprême ».

Dans l’intervalle, M. Fils-Aimé a remis des kits scolaires aux enfants des policiers disparus et rappelle que l’État restera solidaire envers les familles endeuillées.

Le Premier ministre a également réaffirmé la volonté de son gouvernement de renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire et d’assurer de meilleures conditions de travail aux agents de la PNH. Il a enfin réitéré son engagement à conduire le pays vers des élections « libres, transparentes et démocratiques », condition essentielle, selon lui, au rétablissement durable de la stabilité nationale.

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Le HCR et l’OCHA sont préoccupées par la situation en Haïti

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 Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk et le Bureau de Coordination des affaires humanitaires (OCHA) constatent une forte dégradation de la situation en Haïti. Les deux organismes onusiens font état de la détérioration des conditions humanitaires et des droits humains en Haïti. Cette situation résulte de l’hégémonie croissante des gangs dans plusieurs régions du pays.

Le haut commissaire aux droit de l’homme, M. Volker Turk, redoute le pire pour Haïti et la région caraïbe. Les statistiques sont accablantes selon le HCR.

Plus de 16 000 personnes ont été tuées et quelque 7 000 blessées dans des violences armées depuis le 1er janvier 2022.

« On estime que 270 000 à 500 000 armes à feu circulent illégalement en Haïti, la plupart étant aux mains de gangs. Ces derniers tuent et enlèvent des personnes, les extorquent aux points de contrôle illégaux, détournent des camions transportant de la nourriture et d’autres fournitures, et incendient et détruisent des maisons, des hôpitaux, des écoles et des bâtiments publics », a t-il ajouté.

La moitié de la population haïtienne, environs 6 millions de personnes, a besoin d’aide humanitaire.

Quelque 1,3 million de personnes, dont la moitié sont des enfants, ont fui leur foyers. 

Le HCR alerte sur les violences des forces de police 

Le HCR révèle que les efforts des forces de police pour rétablir l’ordre sont parfois ponctués de violence. M. Turk se dit préoccupé par un usage excessif et disproportionné de la force meurtrière dans les opérations policières contre les gangs.

Les opérations des forces de l’ordre sont responsables de plus de la moitié des meurtres et des blessures enregistrés depuis le début de l’année, note le rapport.

En outre des unités de police spécialisées ont exécuté sommairement 174 personnes cette année pour leur appartenance présumée à des gangs. 

À la mi-septembre, les frappes de drones avaient tué au moins 559 personnes, dont 11 enfants.

Par ailleurs des groupes dits d’autodéfense et des émeutes spontanées ont tué plus de 500 membres présumés de gangs cette année, avec le soutien présumé de policiers.

Ces statistiques témoignent d’un nombre élevé de membres de gangs tués. 

HCR et OCHA sont alarmées par les violences sexuelles 

Les deux organisations tirent la sonnette d’alarme sur les violations des droits des femmes et des enfants.

Dans son rapport le haut commissaire du HCR fait remarquer que les gangs « commettent des violences sexuelles généralisées pour asseoir leur domination et leur influence territoriale, et pour déplacer des populations. Les gangs enlèvent des femmes et des filles et les soumettent à une brutalité extrême, allant jusqu’au meurtre et à l’exploitation sexuelle ».

Le Bureau de Coordination des affaires humanitaires (OCHA) relève un niveau alarmant des violences de genres.

Entre janvier et août 2025 plus de 6,450 cas de violence de genre, dont près de 3,200 viols. Près de 15% des victimes étaient des filles mineures.

Selon les partenaires humanitaires présents sur le terrain, les groupes armés seraient responsables de 75% des cas. La situation serait pire pour les personnes déplacées qui représentent 70% des victimes.

Par ailleurs le haut commissaire aux droits de l’homme s’est réjouit du vote de la résolution autorisant la création d’une force de répression des gangs 

À son avis il s’agit d’un signal fort de soutien international au peuple haïtien.

« L’engagement et le soutien internationaux à cet égard sont urgents. Sans eux, le pire est peut-être encore à venir pour Haïti et la région.

LLM / radio Métropole Haïti 

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Réactions favorables à la FRG

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La quasi-totalité des acteurs internationaux saluent le vote de la résolution du conseil de sécurité de l’ONU autorisant le déploiement d’une force de répression des gangs en Haiti.

La FRG, qui comptera 5.500 soldats et policiers, prendra le relais de la MMSS pour une durée initiale d’un an. La force sera épaulée par un nouveau bureau d’appui des nations unies à Haïti (Bunah), chargé de lui fournir un soutien logistique et opérationnel indispensable.

L’ONU disposera de deux bureaux en Haïti

En plus du Bureau des Nations Unies en Haïti (BINUH), la résolution du conseil de sécurité créé un Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (BANUH).

La mission du Banuh sera d’apporter un soutien, principalement à la FRG, au BINUH, à la PNH et aux Forces armées d’Haïti dans le cadre de toutes opérations conjointes avec la FRG, ainsi qu’un appui technique à l’OEA, en vue d’assumer la pleine responsabilité de l’appui logistique apporté à la FRG dans les six mois suivant l’adoption de la résolution.

Commentant la création de ce bureau, M. William O’Neill, expert désigné des Nations Unies sur la situation des droits humains en Haïti, juge qu’il permettra de combler des lacunes en fournissant vivres, carburant, infrastructures, moyens aériens et maritimes, ainsi qu’un mécanisme de remboursement des équipements. M. O’Neill considère cette dimension logistique décisive : jusqu’ici, les forces déployées « ont manqué de véhicules adaptés au terrain difficile, de pièces de rechange, d’hélicoptères et de moyens maritimes », incapacité qui a laissé aux gangs la possibilité de bloquer les routes et d’isoler la capitale.

Une force à la hauteur du défi

De son côté le représentant d’Haïti à l’ONU, M. Pierre Eric Pierre, croit que la décision du conseil marque un véritable tournant. « En dotant la mission de mandats renforcés plus offensifs et plus opérationnels, le Conseil donne à la communauté internationale les moyens de répondre à la gravité de la situation en Haïti ».

La force qui n’est pas une opération classique de maintien de la paix de l’ONU, agira dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui habilite le Conseil à autoriser l’usage de la force lorsque la sécurité internationale est menacée.

 De l’avis de William O’Neill, la transformation de l’actuelle mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) est cruciale « Pour vraiment inverser la tendance, démanteler les gangs et reconquérir des territoires, il faut une force beaucoup plus robuste ». L’ancienne mission, souligne-t-il, n’a « jamais disposé du matériel adéquat » et n’a « même pas atteint la moitié des effectifs prévus ».

Les Etats Unis satisfaits de la résolution 

Le représentant des États-Unis, co-auteur du texte, estime que cette décision permet à la communauté internationale de « se mettre à la hauteur » du défi sécuritaire haïtien. Si la MMAS a permis « d’éviter un effondrement complet du gouvernement », elle n’avait pas « les moyens nécessaires pour réussir ». Jugeant que ce vote rectifie le diplomate américain appelle à des contributions volontaires pour financer la mission.

De plus il fait remarquer qu’il revient aux autorités haïtiennes d’élaborer eux-mêmes un plan afin de reprendre leurs responsabilités en matière de sécurité.

LLM / radio Métropole Haïti 

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Washington réaffirme son soutien à la sécurité et à la stabilité politique en Haïti

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Le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau s’est entretenu lundi avec le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, des efforts en cours pour rétablir la sécurité et promouvoir la stabilité politique dans un pays en proie à une crise persistante.

M. Landau a averti que l’insécurité en Haïti constituait une menace pour la sécurité régionale et nationale des États-Unis. Les deux responsables ont souligné l’urgence de restaurer l’ordre constitutionnel et de renforcer les institutions démocratiques haïtiennes.

Le diplomate américain a réaffirmé le soutien de Washington à la mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), tout en appelant à une répartition plus équilibrée des responsabilités entre les partenaires internationaux.

Il a également réitéré l’engagement des États-Unis à sanctionner les acteurs impliqués dans la violence et l’instabilité, évoquant des mesures telles que des sanctions économiques, des restrictions de visa et d’éventuelles poursuites judiciaires.

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Intenses activités diplomatiques sur la crise haïtienne

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La crise haïtienne préoccupe de plus en plus la communauté internationale. Les partenaires d’Haïti et les organisations internationales multiplient les séances de travail en vue de trouver une solution à la grave crise sécuritaire en Haïti. Des séances de travail ont eu lieu au conseil de sécurité de l’ONU, au département d’État et au bureau du secrétaire général de l’organisation des Etats Américains (OEA).

En début de semaine les membres du conseil de sécurité des Nations Unies, le secrétaire général de l’OEA, M. Albert Ramdin, ainsi que le sous secrétaire d’État américain, Christopher Landau, ont planché sur le dossier d’Haïti.

A l’ONU, lors de la séance ayant permis le renouvellement du mandat du Binuh, la Représentante des Etats Unis a considéré que la présence continue du BINUH permettra d’aider Haïti sur la voie de sa transition démocratique, même s’il ne représente qu’un seul élément de la riposte internationale en matière de sécurité. Les États-Unis continuent de collaborer étroitement avec ceux qui investissent dans la sécurité d’Haïti, a t-elle laissé entendre .

L’OEA et le département d’État sont préoccupés 

Le Secrétaire général de l’OEA, M. Albert Ramdin a annoncé la convocation d’une réunion du groupe des amis d’Haïti pour le 29 juillet 2025. M. Ramdin à réitéré, à l’issue de sa rencontre avec le Premier Ministre haïtien, l’engagement indéfectible de l’OEA à travers la feuille de route en cinq piliers, axée sur la gouvernance, l’assistance humanitaire, la sécurité, les élections et le développement durable.

Par ailleurs, le Secrétaire d’État adjoint, M. Christopher Landau, s’est entretenu avec le Premier Ministre haïtien, M. Alix Didier Fils Aimé. L’officiel américain a fait valoir qu’Haïti constituait une menace pour la sécurité régionale et nationale. 

Il a également exprimé le soutien des États-Unis à la Mission Multinationale de soutien à la Sécurité, tout en insistant sur la nécessité d’un meilleur partage des responsabilités.

Des experts restent perplexes

Expert en relation internationale, M. Pierre Antoine Louis, n’est nullement enthousiasmé par ces multiples séances de travail. Il croit déceler une certaine confusion dans les positions des organisations internationales. A son avis les multiples rencontres à l’ONU, au département d’État, à l’OEA et la Caricom témoignent de préférence d’un mauvais traitement du dossier haïtien. Il déplore un manque de signaux clairs et concordants. L’ancien diplomate rappelle que le sous secrétaire d’État avait récemment pressé l’organisation hémisphérique à être plus proactif en vue de trouver une solution à la crise haïtienne.

De plus M. Louis est plutôt pessimiste sur le financement de la mission multinationale par les pays de la région notamment à cause des problèmes géopolitique. Par ailleurs il dit déceler une confusion entre les autorités haïtiennes. Il évoque notamment les dissensions entre le coordonnateur du CPT et le Premier Ministre. Il en veut pour preuve la dernière déclaration du Conseiller Président, M. Fritz Alphonse Jean, faisant état de la non communication par la Primature de l’agenda du Premier Ministre lors de son déplacement à Washington. M. Louis s’étonne que ce problème, reproché au Premier Ministre Conille, puisse refaire surface d’autant que M. Fils Aimé en 8 mois n’avait pratiquement pas effectué de mission diplomatique. Pire au sein du CPT, M. Louis note une confusion et un manque de cohérence notamment sur la diplomatie. Il juge qu’il revient aux acteurs haïtiens d’abord de prendre en main la gouvernance de la nation.

LLM / radio Métropole Haïti 

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