Un génocide est en cours en Haïti, perpétré par les trafiquants d’armes et les chefs de gang, alerte le docteur Dieudonné Jean Baptiste. Spécialiste en médecine fonctionnelle, il prévient que les conséquences de ces atrocités seront irréversibles et se répercuteront sur plusieurs générations. Les décès à court, moyen et long terme seront nombreux, indique le médecin, qui signale une hausse des cas d’accidents vasculaires cérébraux.
Dans son analyse, il met notamment en avant le stress chronique, qui engendre le stress oxydatif ainsi qu’une résistance à l’insuline. Les Haïtiens ne font pas face à un stress ponctuel, mais à une exposition prolongée et constante. Selon le médecin, cela est à l’origine de nombreuses maladies métaboliques, telles que l’hypertension artérielle et le diabète.
Il souligne que la peur et le stress provoquent des lésions cérébrales, susceptibles de déclencher de nouvelles pathologies. Ces dommages peuvent être observés à l’aide d’équipements médicaux de haute technologie. Les victimes d’atrocités insoutenables souffrent du trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Les enfants exposés aux violences actuelles développeront plus tard des pathologies susceptibles d’être transmises à la génération suivante par le biais de traits épigénétiques.
Le stress oxydatif, selon lui, a des effets comparables à ceux de la consommation d’alcool et de tabac. Même les Haïtiens de la diaspora sont affectés par le stress lié à la crise sécuritaire. Ils seraient, selon le médecin, plus enclins à anticiper un avenir sombre que ceux vivant au pays.
Face à l’ampleur des conséquences de la terreur imposée par les gangs, le docteur Jean Baptiste estime que les fournisseurs d’armes, de munitions, ainsi que les chefs de gang sont dépourvus d’humanité.
Il dénonce également le laxisme des autorités gouvernementales haïtiennes face à ce qu’il qualifie de génocide et de crime contre l’humanité.
Recommandations pour se prémunir des conséquences du stress
Intervenant à l’émission Le Point sur Télé Métropole, le docteur Jean Baptiste a partagé plusieurs conseils pour se protéger contre les effets néfastes du stress. Il recommande notamment de limiter la consommation d’huiles végétales, d’éviter l’exposition aux microplastiques et de se tenir à l’écart des fréquences nocives émises par les téléphones intelligents.
Par ailleurs, il met en lumière les solutions innovantes offertes par les nouvelles technologies dans le domaine de la santé. Il cite, entre autres, les comprimés de molécules d’hydrogène et l’oxygénation hyperbare. Ces techniques, également disponibles à PHI Haïti, peuvent contribuer à la guérison des lésions internes.
A partir du mercredi 9 avril 2025, l’Organisation Médecins sans frontières (MSF) décide d’interrompre, pour une durée minimale de 3 mois, ses activités à Turgeau, Port-au-Prince, et à Carrefour (municipalité au sud), en raison de l’escalade de la violence au centre-ville de Port-au-Prince.
Cette période minimale de trois mois « permettra d’évaluer si l’évolution du contexte sécuritaire offre les conditions nécessaires au retour de ses équipes », explique l’organisation Msf.
La décision de suspendre les activités, à ces centres de Turgeau et de Carrefour, a été prise suite l’attaque ciblée d’u convoi de MSF, le 15 mars dernier entre son centre d’urgence de Turgeau et son hôpital traumatologique de Carrefour.
Malgré la suspension de ses activités à Turgeau et Carrefour, MSF déclare poursuivre ses activités dans d’autres structures médicales de Port-au-Prince ainsi que dans le département du Sud.
Une fois de plus, Médecins sans frontières demande à toutes les parties concernées de respecter la mission médicale et d’assurer la protection de ses structures de santé, de ses ambulances, de ses patientes et patients, et de son personnel.
Plus de 40 000 enfants en Haïti ont été forcés de quitter leur foyer depuis le début de l’année en raison de l’escalade de la violence. Un enfant sur quatre vit maintenant dans des quartiers où l’accès à l’aide vitale est limité, a déclaré Save the Children.
Depuis janvier, plus de 78 500 personnes, dont plus de 40 000 enfants, ont été déplacées, soit plus du double du nombre de personnes déplacées au cours des trois premiers mois de 2024, souligne un communiqué de l’ONG.
Au cours des deux premiers mois de l’année 2025, les incidents limitant l’accès humanitaire, tels que les barrages routiers et les violences à l’encontre des travailleurs humanitaires, ont augmenté de 75 % par rapport à la même période de l’année dernière, selon une analyse des données de l’ONU.
Les attaques dans les villes de Mirebalais et de Saut d’eau depuis la semaine passée, ont fait au moins 75 morts dont 60 bandits et 20 blessés. 12 maisons et 20 véhicules ont été incendiés selon un bilan communiqué mardi par le responsable local de la PNH, le commissaire Delain Boyer.
Les autorités qualifient la situation qui prévaut dans le département de difficile et appellent la population à poursuivre sa coopération avec la PNH.
D’après les données fournies par les autorités, 31 465 personnes ont été déplacées en raison des violences perpétrées par les gangs, principalement en provenance de Mirebalais, Saut d’Eau et Boucan Carré. Parmi elles, 11 135 se trouvent actuellement dans des abris temporaires.
À Mirebalais, un policier de l’UTAG a été tué lors d’un affrontement avec des bandits armés. Néanmoins, les forces de l’ordre ont réussi à reprendre le contrôle de la zone de Carrefour Péligre, selon les informations communiquées par le délégué départemental Frédéric Occéan.
Les bandits maintiennent leur contrôle et tendent à renforcer leur emprise sur les zones conquises à Mirebalais et à Saut-d’Eau. Au cours des derniers jours, ils ont organisé des convois pour piller des entreprises publiques et privées, ainsi que des résidences. La maison de l’ex-sénateur Desras Simon Dieuseul, de même que le Parquet du tribunal de première instance, ont été incendiés hier. Les actes de pillage et d’incendie sont perpétrés de nuit, à l’aide d’une logistique permettant d’acheminer les biens volés vers le repaire du gang à Canaan.
En dépit de la présence des forces de l’ordre, les criminels continuent de progresser vers d’autres quartiers. Ils ont établi leur base à Trianon et installent des chefs de gang dans plusieurs zones avoisinantes. Hier, une nouvelle offensive a été lancée vers Péligre et la centrale hydroélectrique, mais elle a été repoussée par les forces de l’ordre.
Des leaders de la société civile affirment que Mirebalais est aujourd’hui contrôlée à 90 % par les bandits, tandis que Saut-d’Eau serait entièrement sous leur domination.
Les autorités locales dressent un bilan partiel
Entre-temps, les autorités locales ont fourni un premier bilan de l’assaut des gangs contre la région du Bas Plateau Central.
Le directeur départemental de la police fait état de 15 citoyens tués et de 20 blessés. Toutefois, ces chiffres sont jugés peu crédibles par de nombreux habitants, qui estiment les pertes beaucoup plus importantes. Par ailleurs, le directeur indique que plus de 60 bandits auraient été tués, et cinq autres lynchés par la population au cours des affrontements.
De son côté, le délégué départemental, M. Frédéric Occeant, qui s’est gardé de commenter les aspects sécuritaires, évoque plus de 31 000 déplacés en provenance de Mirebalais et de Saut-d’Eau. Il précise que 11 000 d’entre eux se trouvent actuellement dans des sites d’hébergement, notamment à Hinche.
Le représentant de l’exécutif réaffirme la détermination des forces de l’ordre à poursuivre la mobilisation afin d’empêcher que Mirebalais et Saut-d’Eau ne deviennent des territoires définitivement perdus.
Il a souligné que les chefs de gang cherchent à étendre leur contrôle jusqu’à Belladères, en vue d’intensifier le trafic d’armes, de munitions et de drogues à partir de la frontière. Il note également que, ces dernières semaines, des armes et des munitions ont été saisies par les autorités locales après avoir transité par le poste douanier.
Les brigades de vigilance, ou groupes d’autodéfense des quartiers, se sont multipliées au cours des derniers mois. Elles apportent un soutien indispensable aux forces de l’ordre. Les policiers et militaires de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAD’H) et de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) sont sollicités sur plusieurs fronts et ne peuvent répondre à temps aux multiples assauts des groupes criminels disséminés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ainsi que dans le Centre et l’Artibonite.
Les autorités haïtiennes, tout en appelant les citoyens à collaborer avec les forces de l’ordre pour faire échec aux malfrats, s’étaient jusque-là abstenues de commenter cet épineux dossier.
Le chef du Parquet de la capitale, M. Frantz Montclair, a tranché ce matin en affirmant que la légitime défense, pratiquée par les brigades de vigilance, est légale. Il cite notamment la solidarité des résidents de Turgeau et de Canapé-Vert, qui ont repoussé hier une offensive de bandits. Il certifie que ces résidents, en s’organisant et en érigeant des barricades pour se protéger, ne violent pas la loi. « Tout ce qui n’est pas interdit par la loi est légal. » C’est un principe de droit, a martelé le chef de la poursuite.
Selon lui, ces groupes constituent une réponse à la situation de guerre et de terreur imposée aux citoyens par les gangs. « La légitime défense est un droit sacré », a-t-il rappelé, soulignant que ce principe est inscrit dans tous les systèmes juridiques.
Collaboration des brigades avec les forces de l’ordre
Tout en reconnaissant l’insatisfaction des citoyens, le chef du Parquet de la capitale assure la poursuite des opérations des forces de l’ordre pour garantir la sécurité publique.
De nombreux spécialistes plaident pour un encadrement des groupes d’autodéfense et leur intégration dans un système de sécurité structuré.
Dans plusieurs communes, notamment à Léogâne, à Arcahaie et à Liancourt, ces groupes ont contribué à mettre en déroute des regroupements criminels.
Les experts estiment que les groupes d’autodéfense représentent actuellement le seul moyen efficace de repousser les gangs. Au cours des derniers mois, ces groupes ont intensifié leurs actions de contrôle, fouillant tous les véhicules et les piétons afin d’empêcher l’acheminement d’armes et de munitions aux bandits.
Interrogé sur l’état d’urgence décrété par le gouvernement à partir de ce 8 avril 2025, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince a laissé entendre que cet outil devrait permettre à l’État de disposer de davantage de moyens légaux pour lutter efficacement contre les gangs.
Il a par ailleurs annoncé l’adoption prochaine de dispositions légales visant à poursuivre les individus impliqués dans la destruction des infrastructures publiques et des propriétés privées.
En hommage à Phillip Villedrouin, ce texte raconte la destruction du Montcel, lieu d’utopie et d’espoir en Haïti, réduit en cendres par la violence, mais dont la mémoire et le rêve résistent encore.
En hommage à Phillip Villedrouin, donner du sens n’a jamais eu autant d’importance.
Ce matin, je ne suis même plus en colère. La rage, qui me brûlait les entrailles, n’est plus qu’une braise morne. Je regarde ces images avec ce poids lourd au creux du cœur. Ils ont incendié Le Montcel. Des flammes qui rongent l’ombre d’un rêve, mais cette fois-ci, Dieu merci, ils n’ont pas arraché un enfant des bras de sa mère pour le jeter aux bûchers affamés. Ils n’ont pas assassiné de religieuses. Ils n’ont pas violé de jeunes femmes. Non, cette fois-ci, ils ont seulement ravagé des pierres, des toits, des champs. Du bois, de la terre.
Mais l’œuvre d’une vie… c’est cela qu’ils ont réduit en charpie. Qu’était Le Montcel ? L’incarnation d’un rêve tissé patiemment, pierre après pierre, par un homme d’affaires que la mort a pris avant que le feu n’ait pu dévorer son espoir. Le Montcel, c’était un hôtel de quarante chambres où la simplicité trouvait son luxe, un restaurant où des plats modestes prenaient des allures de festin, une ferme-école écologique où l’on arrachait des fruits de la terre avec le respect dû à une mère nourricière. Là-haut, les techniques d’irrigation, les savoirs ancestraux réinventés trouvaient leur souffle, dispensés aux cultivateurs que l’État oubliait dans les replis des collines.
C’était une utopie en miniature : des parcelles reboisées à force de bras, de sueur et de foi. Un centre de production de charbon à partir de ce que d’autres laissaient pourrir. Un projet où l’on façonnait l’espoir avec des outils rudimentaires. Et puis, il y avait cette chapelle à ciel ouvert, où se pressaient des gens de toutes religions, de toutes couleurs, de toutes origines, cherchant quelque chose au-delà du simple repos. Peut-être une paix que le monde d’en bas leur refusait.
Je me souviens. Ce matin clair où des compatriotes rassemblés là, qui avant leur séjour au Montcel ne s’entendaient sur rien, avaient accepté de passer trois jours ensemble. Un miracle d’entente fragile. Le dernier jour, ils s’étaient lavé les pieds les uns les autres, dans un geste humble mais haut en symbole. Puis ils avaient assisté ensemble à une messe d’unité improbable, voire miraculeuse : une Mambo lisant la première lecture, un pasteur baptiste chantant les psaumes, un évêque anglican prêtant sa voix à la seconde lecture, l’Évangile délivré par un évêque catholique, et enfin, un imam prêchant l’homélie. Tout cela n’existe plus désormais. Hier, des brigands ont mis le feu au Montcel.
Je me tiens là, les yeux fermés sur un ciel éclaboussé de cendres. Le silence est lourd comme un linceul. Que reste-t-il du rêve de cet homme maintenant que l’odeur âcre du bois brûlé règne sur la montagne ? Peut-être un souvenir qui se meurt dans la mémoire de ceux qui ont connu cet espace voué au silence, à la paix d’un temps volé au chaos.
Je pense au lierre rampant sur les murs de l’auberge, ses vrilles obstinées cherchant la terre. Aux jardins de roses, aux pêchers en fleurs. À ces pins dressés comme des géants mélancoliques. Dans ce sous-bois, jadis, des enfants jouaient, leurs rires éclatant dans l’air pur. Dans une des nombreuses serres, j’avais vu Phillip enseigner aux jeunes comment lire la pluie, comment déchiffrer le langage secret des nuages et emmagasiner l’eau. Un savoir fragile, transmis dans un souffle, éphémère comme le vent.
Le Montcel n’était pas qu’un hôtel ou une ferme. C’était un rêve taillé dans la roche d’une utopie impossible, une tentative désespérée de relier les hommes à leur terre, de combler le vide laissé par les promesses politiques trahies. Ceux qui gravissaient la montagne n’y cherchaient pas seulement le repos, mais une forme de renaissance. Un retour au monde, lavé de ses ordures et de ses mensonges. J’ai vu des femmes planter là des semences avec la conviction de bâtir un avenir. J’ai vu des hommes pleurer en silence devant la beauté calme des collines. J’ai vu des hommes et des femmes qui se croyaient ennemis s’embrasser au matin du troisième jour d’une retraite. J’ai vu un marxiste demander à être baptisé.
Mais en une nuit, la montagne a perdu sa lumière. Pourtant, les cendres parlent. Les ruines gardent la mémoire de ceux qui n’ont pas renoncé. Les brigands n’ont pas seulement incendié un lieu, ils ont voulu briser un lien, étouffer une promesse faite à la terre elle-même, à notre Haïti commune.
Ce matin, le soleil perce faiblement à travers le voile gris. Je refuse de croire que tout est perdu. Dans l’odeur du bois calciné persiste une mémoire vivace. Une mémoire qui attend son heure pour renaître. Comme ces graines obstinées qui, malgré la sécheresse, finissent toujours par éclore.
130 ans nous séparent de ce texte de Joseph Justin. Il est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’hier. Et il faut oser le dire : PIRE !!! Haïti, Défis, Résilience ou l’Impensable
Occupation américaine (1915-1934)
19 ans d’une occupation sanglante qui a laissé des traces profondes dans la structure politique et économique du pays. Cette période a été marquée par des réformes imposées, mais aussi par des résistances locales.
Dictature des Duvalier (1957-1986)
29 ans de régime tyrannique sous François « Papa Doc » Duvalier et son fils Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier. Cette période a été caractérisée par une répression sanglante et une corruption généralisée, prétendument pour contrer les communistes.
Période de démagogie populiste (1991-2006)
5 ans sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide, le défroqué intouchable, marqués par des politiques populistes et un embargo international de 3 ans qui a aggravé la situation économique du pays.
Occupation onusienne (2004-2019)
15 ans de présence des Nations Unies avec un budget de 12 milliards de dollars américains. Malgré les efforts, la stabilité et le développement durable n’ont pas été atteints. Scandales, abus, crise du choléra et corruptions camouflées.
Catastrophes naturelles
Le tremblement de terre de 2010 a été dévastateur, causant des pertes humaines et matérielles considérables. Les efforts de reconstruction ont été lents et inefficaces, malgré 10 milliards de dollars d’aide, dont moins de 10 % ont réellement bénéficié à la population.
Crise politique et sécuritaire
L’assassinat du président en fonction, Jovenel Moïse, en 2021, a plongé le pays dans une crise encore plus profonde. Les luttes de pouvoir et la corruption ont entravé toute tentative de stabilisation.
Carnavals macabres (2011 à nos jours)
Le grand voisin du Nord, qui prétend ne vouloir que notre bien, nous a imposé des guignols et des pantins. Pendant six ans, le principal, le plus abject, a maquillé son mandat de micro-réalisations, tandis que son administration profitait des fonds PetroCaribe, s’élevant à 4 milliards de dollars. Ce guignol a instauré le concept de bandits légaux. Toujours téléguidé par le grand voisin, il a poursuivi avec une série de carnavals des fleurs, suivis du carnaval du fruit, où la banane est devenue encombrante.
Ce même grand voisin nous impose maintenant le carnaval des guignols, des nains, de tout petits êtres médiocres, pathétiques, insignifiants et surtout corrompus, sous un concept de chaises musicales, plongeant toute une nation dans le plus grand désarroi et paralysant une capitale de 4 millions d’habitants. Cela a forcé un million d’entre eux à se déplacer, touchant bien sûr, comme toujours, les plus démunis.
Mais une obsession demeure pour Monsieur LeBlanc, Mister WhiteMan, Señor Blanco : des élections et le changement de notre Constitution.
Petite parenthèse, mais non des moindres…
La production colombienne de cocaïne en 2024 a été estimée à 2 000 tonnes, selon différentes agences internationales. Le prix moyen d’une dose de cocaïne aux États-Unis est d’environ 5 dollars. Le président de ce pays producteur a récemment déclaré, lors d’une visite sur notre sol auprès d’un des guignols, que 25 % de cette drogue transitait par Haïti. Entre la dîme de transit et le taux de blanchiment par certains acteurs économiques du cirque en place, cela représente des montants considérables. Une part essentielle de notre maigre PNB, juste après les transferts de notre diaspora. Sortez les calculettes, ça vaut la peine !
Conséquences actuelles
Les défis accumulés au fil des ans ont conduit à une situation critique sans précédent en Haïti :
État en déliquescence
L’administration publique est largement absente et corrompue. L’État de droit est quasi inexistant.
Sécurité et justice
La police est sous-équipée et corrompue. La capitale, Port-au-Prince, est contrôlée à 90 % par des bandits légaux.
Déplacements et exode
Plus d’un million de personnes sont déplacées à l’intérieur de la métropole de Port-au-Prince. L’aéroport international est coupé du monde depuis 8 mois.
Santé et éducation
Le système de santé est inadéquat et souffre d’une carence généralisée.
L’éducation est en lambeaux, les centres académiques ont été saccagés.
Économie et agriculture
Le secteur agricole est en crise et non assisté.
Le chômage est massif. La fuite des cerveaux touche tous les secteurs.
La classe moyenne est détruite.
Des taux alarmants de malnutrition : plus de 20 % chez les enfants et 50 % dans la population en général.
Comparaison avec le voisin immédiat
Une étude comparative avec notre voisin direct, la République Dominicaine, serait difficile à accepter, tant les écarts en termes de développement économique et de stabilité politique sont abyssaux. Alors que la République Dominicaine connaît une croissance économique soutenue et des améliorations dans les infrastructures et les services publics, Haïti reste enlisé dans des crises récurrentes.
Fin de l’histoire
Alors, quand allons-nous nous poser les vraies questions ? Quelle initiative concrète allons-nous lancer face à cet attentisme macabre et dangereux, où chacun se regarde sans réagir, comme des chiens de faïence ?
Il faut arrêter de se mentir : une période de transition technique d’au moins cinq ans est nécessaire. Toute autre considération n’est qu’une vaste fumisterie.
C’est pratiquement l’enfer à Mirebalais, 72 heures après l’assaut des bandits contre la métropole du Bas-Plateau et Saut-d’Eau. Le maire, M. Lochard Laguerre, décrit une situation apocalyptique. Il avoue s’être mis à couvert et devoir user de stratégie pour se déplacer d’un quartier à l’autre. Il ne peut porter secours aux citoyens, terrés chez eux, parfois avec des proches tués ou blessés.
Les bandits contrôlent le centre-ville et se sont installés dans plusieurs hôtels. Les rues sont jonchées de cadavres, rapporte le maire, qui reconnaît l’incapacité des autorités locales à venir en aide à la population.
Arrivée des renforts de la police
Des unités spécialisées de la police ont été dépêchées sur place hier. Les affrontements se poursuivent. Le nouveau chef de gang, connu sous le nom de Jeanjean, a été tué lors d’un échange de tirs avec les forces de l’ordre.
Malgré cela, les bandits continuent d’incendier des maisons et de pourchasser les habitants. La ville est quasi déserte, en raison de la fuite de nombreux résidents vers Hinche et d’autres communes du Haut-Plateau.
Les rares accalmies ne peuvent être considérées comme un retour au calme. De nombreux habitants restent cloîtrés chez eux, redoutant de nouvelles exactions.
Le maire regrette que les forces de l’ordre déployées en renfort ne s’installent pas de manière permanente à Mirebalais. Selon lui, les policiers retournent chaque nuit à Hinche, ce qui constitue une faille majeure dans le dispositif sécuritaire.
Organisation de la résistance
Des habitants commencent à s’organiser pour défendre leur ville, répondant à l’appel du maire. M. Laguerre affirme avec fermeté qu’il n’est pas question de livrer Mirebalais aux criminels. Il presse le gouvernement d’envoyer davantage de renforts pour chasser les malfrats.
Dans le même temps, il lance un appel à la solidarité des autres communes du Grand Nord.
Les autorités locales exhortent le gouvernement et les forces de l’ordre à bloquer l’entrée sud de Mirebalais, affirmant que des renforts criminels en provenance de Canaan et du gang des 400 Mawozo continuent d’y affluer.
Ce matin encore, les bandits ont repris les incendies et les fusillades au centre-ville.
À Hinche, la peur gagne la population en raison des rumeurs de progression des groupes armés. Médecins et patients ont fui la principale infrastructure sanitaire de la région. Par ailleurs, des informations font état d’un plan des malfrats visant à s’attaquer au barrage hydroélectrique de Péligre.
Les autorités locales sont en première ligne pour défendre leurs communes face à l’assaut des bandits. De nombreux maires collaborent étroitement avec les forces de l’ordre afin de faire échec aux offensives des gangs ou de les repousser. Si, dans de rares cas, certains maires ont été contraints de fuir — à l’instar de la mairesse de Saut-d’Eau — dans la grande majorité des cas, les agents exécutifs intérimaires coordonnent la défense de la société civile avec les commissaires de police.
Lors des offensives contre Pétion-Ville, Kenscoff, Léogâne, Mirebalais et Tabarre, la participation active des maires a permis de résister et de repousser les assauts des malfrats.
Le maire de Tabarre, M. Arsonval Alexandre, se dit déterminé à affronter les gangs qui continuent d’attaquer sa commune. Il confirme que les forces de police ont repoussé, hier, une offensive menée par une coalition de quatre gangs.
Même engagement du côté de Mirebalais. Le maire, M. Lochard Laguerre, avait multiplié les appels dans les médias et organisé la résistance à partir de la ville. Des organisations de la société civile ont appuyé hier les forces de l’ordre dans une contre-offensive qui a permis de desserrer l’étau sur la ville.
Le maire de Kenscoff, de son côté, affirme être en contact permanent avec le commissaire de police, à qui il fournit des renseignements sur les stratégies des malfrats installés dans des zones difficiles d’accès. Il plaide pour l’utilisation de drones, comme à Tabarre, en soulignant que peu d’habitants résident dans ces zones reculées.
Récemment, le maire de Pétion-Ville a également souligné la collaboration étroite entre les services de sécurité de la mairie et les forces de l’ordre, ce qui a permis de repousser de multiples assauts contre la ville.
Tout en continuant d’appeler au renforcement du dispositif sécuritaire dans leurs communes, ces maires ne restent pas passifs. Ils s’évertuent à organiser la défense de leurs localités, tenant compte des ressources limitées de la Police, des Forces armées d’Haïti (FADH) et de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS).
Cette implication des maires s’inscrit dans le mouvement d’autodéfense qui s’intensifie dans plusieurs communes de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre.
Les citoyens, de plus en plus, ne comptent plus uniquement sur les forces de l’ordre, qui ne peuvent être efficaces sans les informations fournies par les membres des communautés.